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Eglise catholique dans le Gard

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Jeudi 15 novembre 2018

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Parution de l'ouvrage « Soieries des églises du Gard »
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Souhaitée par le diocèse de Nîmes, l’étude des ornements liturgiques du Gard commencée en 2013 aboutit en 2018 à une publication dans la collection nationale des Images du patrimoine, sous le titre de Soieries des églises du Gard. L’opération fut conduite par Josiane Pagnon, chercheur à l’Inventaire général, compétence obligatoire du conseil régional d’Occitanie, dont les objectifs sont de recenser, étudier et faire connaître le patrimoine français.

Il est bien connu que la soie est un des fondamentaux de l’histoire du travail des hommes dans nos terres du sud ; mais aujourd’hui, où sont conservés les tissus de soie ? dans les musées ? finalement assez peu ; dans les familles ? difficile à déterminer mais faire du vide dans ses armoires a toujours existé. Et si finalement, les églises étaient les lieux premiers de la conservation des étoffes ? un tissu qui sert au culte se salit, mais on peut le teindre et lui offrir une nouvelle vie, en plus foncé. Les personnes de haute condition et/ou tout simplement croyantes vont avoir à cœur de faire de beaux cadeaux à LEUR église, des métrages d’étoffes de soie, neuves ou qui avaient servi à confectionner les grandes robes de dame, ou les draperies ornant les châteaux, jusqu’à l’ornement tout fait. Par rapport à d’autres départements à l’histoire plus paisible, le Gard a perdu beaucoup de ses tissus lors des affrontements renouvelés entre catholiques et protestants. De fait, aucune des soies retrouvées pendant l’inventaire n’est antérieure au premier quart du 17e siècle.

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Une fabuleuse diversité caractérise ces ornements liturgiques : elle est dans les tissages de velours, damas, taffetas, drap d’or, drap d’argent, satin liserés, etc. ; elle est dans les techniques d’ornementation des étoffes que sont le moirage, le gaufrage et bien sûr les broderies : en fils de soie, fils métalliques, paillettes, canetilles, broderies d’application qui donnent au créateur d’infinies possibilités, et la peinture à l’aiguille, où le brodeur imite le peintre, jusqu’à finaliser son ouvrage par quelques touches pinceautées.

D’avant la Révolution, certaines villes gardent des textiles de grande valeur ; ils sont notamment à Aramon, Arrigas, Beaucaire, Montfaucon, Peyremale, Saint-Marcel-de-Careiret, Sumène, Uzès, Le Vigan et Villeneuve-lès-Avignon.

Jusque vers 1830, il n’existe pratiquement pas d’étoffes tissées exclusivement pour l’Église ; les choses changent ensuite complètement, en même temps que commence à être connu le nom des maisons qui les tissent. Les dessinateurs créent alors des dessins de la forme des croix de chasubles, des chaperons ou orfrois de chapes, des voiles huméraux, etc. Si les tisserands sont lyonnais, les marchands sont répartis de façon beaucoup plus large géographiquement : de Toulouse à Nîmes ou de Paris à Montpellier.

Josiane Pagnon
Chercheur à l’Inventaire général
Région Occitanie

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