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Eglise catholique dans le Gard

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Samedi 24 février 2018

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Le service évangélique des malades (SEM) : «J'étais malade et vous m'avez visité »
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La journée mondiale du malade et le dimanche de la santé permettent d’éclairer un aspect particulier de la pastorale de la santé en paroisse. Il s’agit du service évangélique des malades : « Le SEM ». Sa particularité ? Proposer la paroisse « à domicile » à toutes les personnes qui en raison de leur état de santé ou de leur perte d’autonomie ne peuvent plus participer normalement à la vie communautaire. Rencontre avec Françoise Daulle qui anime des « rencontres-partages » pour les bénévoles afin de mieux vivre ensemble, en Eglise, leur engagement.
 
Nous connaissons tous des personnes qui le dimanche sont appelées à la fin de la messe par le prêtre pour recevoir une bénédiction spéciale, avant que ne leur soit remis une custode et qu’elles ne portent dans la foulée la communion, la plupart du temps à un proche, parent ou voisin ; mais connaissons-nous « Le Sem » ?
« Le service évangélique des malades est un service qui émane des paroisses qui se déplacent par l’intermédiaire de bénévoles, membres de la communauté, à la rencontre des personnes malades, âgées ou isolées (que ce soit chez elles, à la maison, ou chez elles, en maison de retraite), afin qu’elles puissent continuer à participer à la vie de l’Eglise et nourrir leur foi par l’échange, la prière, la communion. » C’est ainsi que le définit Fabienne Daulle.
 
Encourager une expérience ecclésiale
 
« Ma conviction est que visiter des malades est une chance pour eux, mais aussi pour ceux qui les visitent et approfondissent ainsi leur relation à l’évangile parce qu’il y a là quelque chose de la rencontre du Christ avec ceux qui souffrent. » Du Christ et de l’Eglise : « Accompagner et prendre soin spirituellement des malades n’est pas seulement notre « petite affaire » si miséricordieuse et objet d’action de grâce soit-elle, nous en sommes convaincus ; car c’est aussi, tel le Bon samaritain se portant au secours du prochain, la mission de l’Eglise. » Visiter un malade, passer un moment avec lui n’est pas non plus toujours facile : « Parce que les réactions des personnes, leur comportement, peuvent nous dérouter, la rencontre avec les malades pose aussi des questions. C’est pour tout cela que j’insiste encore sur la nécessité de vivre notre engagement en équipe même si ce n’est pas toujours facile à organiser. C’est dans l’entraide fraternelle et à l’écoute de la Parole de Dieu que l’on se forme les uns les autres ! L’expérience de certains, plus anciens, peut permettre à ceux qui débutent d’éviter certains écueils : en faire trop, ou ne pas écouter suffisamment ce qui dit la personne malade qui n’exprime pas toujours ses peurs, ses angoisses, directement… C’est en partageant avec d’autres que l’on se rend compte qu’une rencontre, qui nous avait semblée banale, finalement était une rencontre forte ou le Seigneur était présent et que l’on ne l’a pas forcément reconnu tout de suite. »
 
Comment s’adapter aux attentes et au vécu de ces personnes dont certaines sont croyantes, pratiquantes, tandis que d’autres sont plus éloignées de l’Eglise et même à certain moment en rupture avec elle ou dans une révolte qu’il faut respecter ? Comment se situer face à des situations qui à certains moments viennent bousculer les convictions personnelles ?
Pour Fabienne qui possède une certaine expérience dans un domaine qui la passionne toujours, c’est en tout cas très clair : il ne s’agit pas d’une technique à acquérir ni d’un savoir-faire ! mais plutôt, à l’écouter, d’un savoir-être à appréhender et à cultiver dans la prière et l’entraide fraternelle.
Ainsi, « dans les « rencontres-formation » que nous animons, avec Frère Minh, à Nîmes (*), nous proposons toujours de partir de l’Evangile pour faire une relecture personnelle et pastorale des rencontres vécues avec les malades, dépendantes et âgées, en regardant comment, très concrètement, ces expériences rejoignent ce que dit l’évangile. Tout ce que vit Jésus, toutes ses attitudes, ses gestes, ses paroles éclairent et encouragent notre approche et notre pratique. Parfois nous nous appuyons aussi sur des textes de l’Ancien Testament. Par exemple, j’avais pris pour point de départ de notre cycle d’échanges le texte de « La Visitation » ; afin de voir ce qui se vit dans la visite au malade comme une Visitation, ou l’on découvre et l’on partage les merveilles de Dieu et que l’on fait grandir en nous cette Parole. »
 
Se faire connaître
 
Rompre l’isolement des malades est l’autre grande préoccupation du SEM dans le doyenné de Nîmes.
« D’un côté, il y a une évolution de la société. Les temps d’hospitalisation sont plus courts. Le nombre de personnes âgées et dépendantes augmente. Parallèlement, si l’aide et le maintien à domicile se développent, une autre forme de solitude aussi : Malgré l’investissement de leur famille et des soignants certaines personnes sont isolées pour vivre leur foi et n’ont pour cela pas d’autre interlocuteur qu’un membre du service évangélique des malades.
D’un autre côté, les réseaux naturels qui pouvaient exister dans les quartiers sont plus difficiles à activer : on ne se connait pas, on se méfie un peu de l’autre… » Il faut donc développer la communication sur l’existence de ce service. Tout le monde peut y être associé ! Cela peut passer par la famille, par le curé, parfois par l’aumônerie de l’hôpital ou de la clinique, même si dans ce dernier cas il est différent de recevoir la visite de quelqu’un lorsque l’on est hospitalisé puis, de retour chez soi, d’ouvrir sa porte « à des inconnus… » « Dans les maisons de retraite, il est plus simple de se reconnaître et de tisser des liens avec les pensionnaires qui participent par exemple à une célébration. Il est important qu’il y est, avec le prêtre, une équipe car c’est un message d’Eglise qui est transmis et que le relais puisse être pris par d’autres personnes quand le prêtre n’est pas disponible. »
Pour en savoir plus, contacter sa paroisse.
 
B. Delichère

à visiter également : le site de l'Hospitalité St Jean Paul II