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Eglise catholique dans le Gard

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1ère université de la diaconie : l’université de la Confiance
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La première université Diaconia, s’est déroulée à Lourdes, du 30 octobre 2017 au 2 novembre. Benoît Chermanne, responsable du Pôle solidarité du diocèse de Nîmes y a participé. Il revient sur cet événement qui a rassemblé 600 personnes : personnes en précarité où du quart-monde, délégués diocésains pour la diaconie et la solidarité, personnes du monde associatif mais aussi diacres, prêtres et évêques.

Une université avec 600 étudiants mais aussi 600 profs, ensemble !  
Profs les uns des autres cela permet de pleinement se recevoir dans la confiance où plus précisément de recevoir la parole des uns des autres avec toute la dignité, toute la valeur, toute la légitimité qu’elle doit posséder.

4 jours pour cela, du lundi 30 octobre 2017 au jeudi 2 novembre. Une cinquantaine de fraternité permettant la parole et la rencontre des cœurs, la partage de la Parole de Dieu et de ce qu’elle fait naître en nous. Au total nous aurons passé 5 à 6 heures en fraternité, temps qui aura permis d’avancer dans la connaissance mutuelle. Une fraternité c’est une rencontre entre un pauvre, celui que l’on dira du quart monde, un autre pauvre qui vient de l’Arche, un délégué diocésain pour la solidarité, un autre délégué pour les migrants, une accompagnante d’équipe, une conseillère économique et sociale exerçant son activité dans un quartier composé de ces maisons que l’on peut qualifier de taudis, un prêtre qui accueil dans un sanctuaire, un éducateur auprès de personnes de l’Arche, un paroissien engagé dans son EAP au titre de la solidarité.

4 jours bercés par la liturgie. Ce qui m’a frappé, c’est la dimension liturgique de ces journées. Une liturgie belle, déployée pleinement, appréciée de tous quel que soit sa condition, sa vie. Des chants venant des diverses communautés dont certains écrits pour l’occasion par le Sappel. Une liturgie où se côtoie l’Eucharistie, le chapelet, le lavement des pieds, les confessions, des évangiles gestués, l’Adoration, la découverte du partage d’un Evangile Pas à Pas.

90 ateliers dont 5 pour chacun sur les deux matinées de mardi et mercredi. Un sur la Confiance, clef de toute relation ; un sur l’apprentissage du savoir-faire ; un sur la transmission d’une expérience ; un sur des repères pour l’action et un atelier découverte. Pour moi ces ateliers seront menés par le réseau Siloé, le SAPPEL, le réseau St Laurent, Aux captif la libération et la diaconie du Var. Voilà pour chacun de quoi faire de nombreuses découvertes des clameurs du monde.

Les clowns étaient là pour nous accompagner. Ils permettent de mettre en lumière ce quotidien que nous ne voulons pas voir ni entendre et qui est pourtant si véritable. Un premier clown qui arrive visiblement en vacances avec sa valise et qui se met à chercher ses « petits pauvres » pour en ramener dans sa valise chez lui, un autre qui se balade avec ses jumelles pour trouver un pauvre dans la rue et qui passe 5 fois à côté d’un sdf sans le voir… Situations qui s’éclaireront et trouveront au fur et à mesure des jours des réponses… ou non.

2 témoignages que je voudrai vous partager, 2 témoignages qui bouleversent, 2 témoignages qui ne peuvent arriver que par la confiance.

Le premier et celui de Nicole. Nicole est allée l’an dernier rencontrer le pape François en juillet 2016. Elle se reconnait comme pauvre. C’est là qu’est pleinement sa place car la vie pour elle est difficile. Elle est pauvre parce qu’elle n’a pas d’argent, parce que sans instruction, la société ne lui a pas permis de travailler dignement. Pauvre parce qu’elle est tombée de ce fait dans des addictions dont aujourd’hui elle a su se débarrasser. Alors les riches, ils existent mais ce n’est pas pour elle. Merci de ne pas faire référence à eux. Mais voilà, lors du pèlerinage du réseau Siloé en juillet 2016, elle va rencontrer le pape et ce pape, il est étrange ! Il reconnait la place de chacun, parle à chacun et surtout fait confiance à chacun. Voici qu’il lui dit à elle et à ceux qui l’accompagne « je vous confie une mission » ! C’est comme si la parole en Isaïe 43 « Parce que tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur et que je t’aime, je donne des humains en échange de toi, des peuples en échange de ta vie. » raisonnée pour la première fois. Un instant merveilleux mais qui en une seconde va se transformer en instant douloureux pour Nicole. Car la suite c’est l’énoncé de la mission « je vous demande de prier pour les pauvres riches » ! Alors Nicole témoigne de son désespoir, ce désespoir unique que bien souvent nous imaginons mais que nous n’avons pas vécu tellement il est intense, intime et profond car touchant à ce qui est de plus blessé, de plus tabou en nous. Elle témoigne alors de ce parcours intérieur lui demandant de répondre à la mission, à la mission du pape ! Comment refuser cette mission, la seule qui ne m’a jamais était confié ? Et voilà que Nicole nous permet de mettre des couleurs sur les paroles des béatitudes, qu’elle nous permet à chacun de redécouvrir ce mot « Heureux » et d’entrer aussi d’une nouvelle façon dans l’intimité du Cœur du Christ « Heureux, bienheureux les invités au repas du Seigneur ».

Le second est celui de celle que ses parents ont appelé « Reine » avec un prénom dans une autre langue. Pour la Toussaint nous avons lors de la messe entre autre pu faire le lavement des pieds. Par groupe de 8, nous avons pu chacun notre tour laver les 2 pieds de notre voisin, notre voisine. Pas seulement 1 pied d’une personne qui l’avait prévu, d’une personne choisie parce que tel ou tel raison mais les 2 pieds d’un de nos « professeurs de confiance » de l’université et en plus nous avions le temps de le faire, le temps de prendre soin de ces pieds que nous lavions. Et bien Reine a eu ses pieds lavés par son voisin, un homme. Elle dont je n’avais pas entendu le son de sa voix depuis le début va parler de ce qu’elle a vécu jeudi matin. Elle va témoigner sans doute pour la première fois de sa vie, témoignage rendu possible par cette confiance qui habitait les fraternités. Elle va témoigner de cet instant inédit, unique dans sa vie. Une personne a touché ses pieds pour la première fois, en plus un homme, il a pris son temps, les a essuyé doucement, avec patiente et bonté et sommet de cette instant, il les a embrassé ! Dans son regard, nous pouvions chacun voir cette nouveauté de la reconnaissance amenant même à une renaissance. Dans son émotion reconnaitre ce moment qui marque une vie. Prêtre, prophète et … reine. Voilà la dignité que nous avons aux yeux de Dieu et que cette personne nous appelle à reconnaitre à travers sa pauvreté.

Enfin voici quelques mots qui ont ouvert cette première université :

« La vie est un apprentissage de l’amour de l’autre tel qu’il arrive et tel qu’il vient » ; « La solidarité et la diaconie, c’est recevoir l’autre, rafraichir son corps et son cœur, lui donner ce qu’il a besoin : une oreille, une parole, un gîte, un couvert selon son besoin et selon nos moyens. » ;

« La Diaconie vient de la main de Dieu. Dieu élargit ses mains pour aller vers l’autre. La Diaconie c’est comprendre ce que Dieu nous demande, nous les croyants, parce qu’on croit en Lui. C’est se mettre à la suite de Jésus avec les pauvres. »

 

Benoît Chermanne

 

 

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