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Eglise catholique dans le Gard

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Jeudi 19 octobre 2017

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5ème centenaire de la Réforme au siècle de œcuménisme, à Nîmes
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Cette année 2017 l’Eglise Luthérienne célèbre le 500° anniversaire de la Réforme. Cette commémoration des débuts de la réforme protestante, qui vit le jour au XVI° siècle, à l’initiative de Martin Luther, tient compte aujourd’hui des relations oecuméniques. C’est le fruit de plus de 50 ans de dialogue entre les Eglises, dont nous nous réjouissons. La présence du Pape François à Lund en Suède le 31 octobre 2016, répondant à l’invitation de l’Eglise Luthérienne, au seuil des commémorations du 5° centenaire de la Réforme, est hautement significative. Cette commémoration nous donne l’occasion d’approfondir tout ce qui a été fait par les Eglises Réformées et l’Eglise catholique Romaine, pour avancer vers une plus grande communion, en ce XXlème siècle marqué par la prolifération de nombreux courants religieux et une sécularisation grandissante.

Des progrès spirituels

Pour ce qui nous concerne, dans le Gard, Je constate que les relations oecuméniques, depuis les années 1970, soit après le Concile Vatican ll, n’ont jamais cessé de progresser, devenant irréversibles. J’ai été le témoin de cela particulièrement durant les années, 1980 à 2014, où étant délégué épiscopal à l’oecuménisme, membre de la commission interconfessionnelle nîmoise, puis coprésident fondateur du Comité Nîmois d’Eglises Chrétiennes, j’ai participé aux travaux oecuméniques à Nîmes et dans le Gard.

Je rends grâce à Dieu, d’abord, pour les progrès spirituels qu’Il nous a donné d’accomplir. En effet n’estce pas la semaine de prière pour l’unité des chrétiens qui a permis aux catholiques et aux protestants de se rencontrer pour : prier ensemble, lire la bible et échanger, entendre des conférences, et ainsi mieux se connaître et s’apprécier. Cette première étape vécue dans la prière, l’écoute de la parole de Dieu et un climat cordial, et même fraternel, était nécessaire et essentielle. Elle a ouvert la route à d’autres réalisations communes à Nîmes et ailleurs. J’évoque ici, ce n’est pas exhaustif, ce qui se fait à Nîmes : la célébration d’ouverture de la semaine de l’Unité à laquelle participent, outre l’Eglise Catholique, l’Eglise Protestante unie, les Eglises Réformées évangéliques, l’Armée du salut, l’Eglise copte orthodoxe, les religieuses protestantes de Pomeyrol, les moniales orthodoxes de Solan, les Soeurs Clarisses et les congrégations religieuses de Nîmes. Les mercredis de l’Avent proposant à tous une préparation spirituelle à la fête de Noël. La célébration oecuménique le mercredi de la semaine sainte, en alternance dans une église ou un temple. Des soirées oecuméniques de carême. La proclamation de la Résurrection le matin de Pâques devant l’église St. Paul à 12h, par les Eglises chrétiennes. Des veillées de prières organisées par les jeunes. Toutefois il ne s’agit pas de s’enorgueillir de ce que nous faisons, d’autres le font aussi ailleurs, mais j’ai la conviction que cette dimension spirituelle de l’oecuménisme est essentielle : pour mieux nous comprendre mutuellement, nous accepter avec nos différences, et coopérer de manière crédible à l’oeuvre d’évangélisation.

Une action commune

Si j’ai donné la priorité à la dimension spirituelle, je ne minimise pas pour autant l’action commune. Le décret de Vatican ll sur l’oecuménisme encourage les catholiques à collaborer avec « les frères des Eglises séparées ». De même le Conseil oecuménique des Eglises a publié en 1970 et 1980 deux documents, sur « le témoignage commun des chrétiens ».

Notons encore que déjà en 1952, lors de la rencontre à Lund en Suède de « Foi et Constitution » un appel solennel avait été publié, invitant toutes les Eglises à « Faire ensemble tout ce que n’interdit pas la fidélité à la conscience ». A notre niveau, dans le Gard, progressivement des actions communes se sont multipliées. Pour la paix et pour l’abolition dela torture avec l’engagement des chrétiens au sein de l’ACAT. Pour I’accueil des migrants avec les actions communes de la ClMADE et du Secours Catholique, et aussi des paroisses. ll faut mentionner les émissions de radio avec la collaboration de radio Alliance et Radio Ecclésia. Les prises de paroles du Comité Nîmois d’Eglises Chrétiennes sur des sujets de société. L’implication des Eglises dans l’organisation du « Noël du Coeur » la nuit du 24 décembre. Et aussi I’atelier de prédication pour les Pasteurs, les Prêtres, les Diacres, et même des laïcs. Réjouissons-nous de tout cela, car bien qu’il reste encore beaucoup à faire, c’est déjà la mise en pratique des propositions de nos Eglises, depuis les années 1970 et 1980 jusqu’aux plus récentes, en 2017 : « Catholiques et Luthériens devraient ensemble témoigner de la grâce de Dieu en proclamant l’Evangile et en se mettant au service du monde. » Déclaration du « 5ème impératif œcuménique » proposé par les Eglises Luthériennes et Catholiques à |’occasion du cinquième centenaire de la réforme.
ll faudrait parler également des avancées doctrinales, si importantes, qui mériteraient un exposé complet. Je me limite donc à l’énumération de quelques repères parmi les travaux considérables : du groupe des Dombes, de Foi et Constitution, du Conseil oecuménique des Eglises. Ces études aboutirent à des déclarations majeures sur l’Ecriture et la tradition, la justification, le baptême, l’eucharistie, le ministère, pour ne citer que quelques-uns des fruits dont nous sommes les bénéficiaires aujourd’hui.

Pour conclure il me vient à l’esprit l’image du corps chez l’apôtre Paul (1 C012, 13). Le Christ rassemble en son corps : « Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. »

Mgr Bernard Fougères
Membre du Comité Nîmois des Eglises Chrétiennes